Il m’arrive d’avoir de la chance. Et il semble que depuis quelques mois j’en ais pas mal. Un appel hier soir n’a fait que le confirmer. Vers 18h30 : *Driiiing * « Ca te dit de voir Lenny Kravitz ce soir ? ». Mr a obtenu des places à la dernière minute grâce à une copine commune qui devra finalement renoncer au concert. Il faut savoir que je parle de ce concert depuis le premier jour où Lui et moi sommes ensemble (espérant secrètement qu’il entendrai mes appels) alors sa question il en connaissait déjà la réponse. Ni une ni deux je requitte la maison que je viens à peine de retrouver après avoir troqué ma chemise de nuit (ben oui je pensais ENFIN me coucher tôt) contre une tenue adéquate pour un concert qui se fera peut être sous la pluie. Exit donc mon traditionnel T-Shirt blanc (j’vais pas là bas pour faire un concours de T-Shirt mouillé) et bienvenu à mon T-Shirt « Famous » (on se la joue, ou on se la joue pas). J’arrive vers 20h30 pour un début à 21h30. La masse de gens devant les grilles est déjà grande et compacte, il y a toujours les inévitables resquilleurs qui tentent de pousser sur la droite afin de ne pas faire la queue. Bientôt les grosses gouttes tombent laissant présager un concert ruisselant qui ne sera pas dû à la sueur. Ca ne durera que 3 min. On fini par trouver de bonnes places assez hautes sur les gradins (pas le courage de faire la fosse comme je le fais d’habitude). A 21h30 Nikka Costa entre en piste d’une démarche féline et enflamme le théâtre romain avec sa voix chaude, railleuse et puissante. Ca encore c’est une bonne surprise, je connais cette artiste depuis quelques années et je ne savais pas que c’était elle qui assurait la première partie. Elle est réellement impressionnante : elle déploie une énergie phénoménale sans jamais perdre la qualité de sa voix qui est très proche de ce qu’elle donne sur CD, le lapin duracell a de quoi être jaloux. Quelques poses lascives amènent vite la fièvre que sa musique mêlant funk et rock ne fait que renforcer. La petite lionne à la crinière rousse assure et fait preuve d’une confiance en elle et d’une décontraction sur scène désarmante. Nikka Costa est vraiment le genre de fille que je voudrais être. 23h : Lenny prend le relais après un entracte de 45 min. On ne ressortira du concert qu’à 1h15, aveugles et à moitié sourds. Le rideau tombe, il pose avec un long manteau, son groupe est en partie déguisé (la batteuse porte un masque à plumes, l’un de ses guitariste ressemble à un dandy tout en blanc) et soudain le son devient assourdissant, les lumières transpercent la rétine et vous vous dîtes que là, ça y est, vous êtes face à une vrai star. Petits couacs de guitare (l’une d’elle, jetée avec colère, finira cassée derrière les choristes qui ont eu de la chance de ne pas la recevoir en pleine tête) mais Lenny reste pro et se met à jouer l’homme élastique remuant son pantalon patte d’eph’ avec fureur prouvant ainsi que certains hommes après 40ans remuent encore très bien les genoux en tout sens à la manière des grand chanteurs 70’s. Il rallonge largement ses chansons qui atteignent facilement les 10min voir au delà. « Welcome to the Electeric Church » dit-il au milieu d’un passage Gospel/Jazz. Nous voilà donc dans la chapelle du pasteur Lenny qui se charge de nous « enseigner la valeur du plus grand don de Dieu : la vie ». Il en ferait pas un peu trop là ? Qu’importe prenons ça au second degrés et profitons du spectacle. Ce personnage est à la fois terrifiant, attirant, hallucinant et halluciné (ça ne doit pas être dû au vin lyonnais). La foule est en liesse et reprend en cœur les quelques vielles chansons que le guitar hero accorde (c’est à dire pas énormément mais après tout c’est la tournée du nouvel album). Une serviette pleine de sueur est jetée dans la foule (encore une qui va se retrouver sur ebay ou sous l’oreiller d’une fanatique), une bouteille d’eau vole sur scène et après 2h15 de show béton armé et deux rappels avec l’inévitable « Are You Gonna Go My Way ? » Lenny tire sa révérence. C’est pas trop tôt, je commençais à sombrer dangereusement entre l’évanouissement ou le sommeil narcoleptique malgré le son poussé au maximum et la batterie et la basse me transperçant la poitrine. La fatigue accumulée depuis déjà plusieurs mois se fait réellement sentir et j’ai dû vraiment me soutenir mentalement pour tenir jusqu’au bout. Au final j’ai plus apprécié la prestation de Nikka que celle de Lenny qui dépensait de l’énergie parfois inutilement et gâche ses chansons en les rallongeant avec des instrumentaux trop longs et ennuyeux. Mais Lenny Kravitz au clair de lune c’est quand même un moment magique qu’on ne vit sans doute qu’une fois dans une vie. Alors merci les gars et surtout merci Juju pour les places !




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