Mardi 19 juillet 2005 2 19 /07 /Juil /2005 00:00

 

 

Il m’arrive d’avoir de la chance. Et il semble que depuis quelques mois j’en ais pas mal. Un appel hier soir n’a fait que le confirmer. Vers 18h30 : *Driiiing * « Ca te dit de voir Lenny Kravitz ce soir ? ». Mr a obtenu des places à la dernière minute grâce à une copine commune qui devra finalement renoncer au concert. Il faut savoir que je parle de ce concert depuis le premier jour où Lui et moi sommes ensemble (espérant secrètement qu’il entendrai mes appels) alors sa question il en connaissait déjà la réponse. Ni une ni deux je requitte la maison que je viens à peine de retrouver après avoir troqué ma chemise de nuit (ben oui je pensais ENFIN me coucher tôt) contre une tenue adéquate pour un concert qui se fera peut être sous la pluie. Exit donc mon traditionnel T-Shirt blanc (j’vais pas là bas pour faire un concours de T-Shirt mouillé) et bienvenu à mon T-Shirt « Famous » (on se la joue, ou on se la joue pas). J’arrive vers 20h30 pour un début à 21h30. La masse de gens devant les grilles est déjà grande et compacte, il y a toujours les inévitables resquilleurs qui tentent de pousser sur la droite afin de ne pas faire la queue. Bientôt les grosses gouttes tombent laissant présager un concert ruisselant qui ne sera pas dû à la sueur. Ca ne durera que 3 min. On fini par trouver de bonnes places assez hautes sur les gradins (pas le courage de faire la fosse comme je le fais d’habitude). A 21h30 Nikka Costa entre en piste d’une démarche féline et enflamme le théâtre romain avec sa voix chaude, railleuse et puissante. Ca encore c’est une bonne surprise, je connais cette artiste depuis quelques années et je ne savais pas que c’était elle qui assurait la première partie. Elle est réellement impressionnante : elle déploie une énergie phénoménale sans jamais perdre la qualité de sa voix qui est très proche de ce qu’elle donne sur CD, le lapin duracell a de quoi être jaloux. Quelques poses lascives amènent vite la fièvre que sa musique mêlant funk et rock ne fait que renforcer. La petite lionne à la crinière rousse assure et fait preuve d’une confiance en elle et d’une décontraction sur scène désarmante. Nikka Costa est vraiment le genre de fille que je voudrais être. 23h : Lenny prend le relais après un entracte de 45 min. On ne ressortira du concert qu’à 1h15, aveugles et à moitié sourds. Le rideau tombe, il pose avec un long manteau, son groupe est en partie déguisé (la batteuse porte un masque à plumes, l’un de ses guitariste ressemble à un dandy tout en blanc) et soudain le son devient assourdissant, les lumières transpercent la rétine et vous vous dîtes que là, ça y est, vous êtes face à une vrai star. Petits couacs de guitare (l’une d’elle, jetée avec colère, finira cassée derrière les choristes qui ont eu de la chance de ne pas la recevoir en pleine tête) mais Lenny reste pro et se met à jouer l’homme élastique remuant son pantalon patte d’eph’ avec fureur prouvant ainsi que certains hommes après 40ans remuent encore très bien les genoux en tout sens à la manière des grand chanteurs 70’s. Il rallonge largement ses chansons qui atteignent facilement les 10min voir au delà. « Welcome to the Electeric Church » dit-il au milieu d’un passage Gospel/Jazz. Nous voilà donc dans la chapelle du pasteur Lenny qui se charge de nous « enseigner la valeur du plus grand don de Dieu : la vie ». Il en ferait pas un peu trop là ? Qu’importe prenons ça au second degrés et profitons du spectacle. Ce personnage est à la fois terrifiant, attirant, hallucinant et halluciné (ça ne doit pas être dû au vin lyonnais). La foule est en liesse et reprend en cœur les quelques vielles chansons que le guitar hero accorde (c’est à dire pas énormément mais après tout c’est la tournée du nouvel album). Une serviette pleine de sueur est jetée dans la foule (encore une qui va se retrouver sur ebay ou sous l’oreiller d’une fanatique), une bouteille d’eau vole sur scène et après 2h15 de show béton armé et deux rappels avec l’inévitable « Are You Gonna Go My Way ? » Lenny tire sa révérence. C’est pas trop tôt, je commençais à sombrer dangereusement entre l’évanouissement ou le sommeil narcoleptique malgré le son poussé au maximum et la batterie et la basse me transperçant la poitrine. La fatigue accumulée depuis déjà plusieurs mois se fait réellement sentir et j’ai dû vraiment me soutenir mentalement pour tenir jusqu’au bout. Au final j’ai plus apprécié la prestation de Nikka que celle de Lenny qui dépensait de l’énergie parfois inutilement et gâche ses chansons en les rallongeant avec des instrumentaux trop longs et ennuyeux. Mais Lenny Kravitz au clair de lune c’est quand même un moment magique qu’on ne vit sans doute qu’une fois dans une vie. Alors merci les gars et surtout merci Juju pour les places !

Par Satine - Publié dans : Truth
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Lundi 18 juillet 2005 1 18 /07 /Juil /2005 00:00

Après une semaine et demi hors de la maison me voilà enfin revenue au nid. Et je savoure ce moment qui me permettra de souffler un peu et de calmer mes nerfs et ma tête bouillonnante. Je retrouve mes marques et les petites choses qui font que je me sens moi même. Ne croyez cependant pas que j’ai été enlevée et séquestrée ! J’ai juste déserté afin de passer plus de temps avec Mr qui prenait un peu de vacances. En ce qui me concerne je n’en ais pas vraiment eu. J’ai commencé un nouveau boulot (voir article « j’vous ais pas raconté ? ») et j’ai essayé de profiter un minimum du fait que j’étais sur Lyon avec celui qui me supporte dans tous les sens du termes. Restos, ciné et feux d’artifice au programmes plus quelques heures de franche glandouille tant la chaleur me donne mal au crâne et m’assomme. Pour le ciné c’était « Charlie et la chocolaterie » qui m’a vraiment plu. J’adore les films de Tim Burton en général et Johnny Depp dans cet univers est toujours fabuleux. Un conte pour toute génération, très coloré, très vivant et aux effets spéciaux pas très visibles (oui je sais j’aurai du faire critique de ciné, maintenant vous avez trop envie d’aller le voir… Comment ça non ?!). Le feux d’artifice au dessus de Fourvière je l’ais vu sur le balcon d’un appartement au 8e étage et je n’ais rien raté du spectacle. Ca faisait une éternité que je n’en avais pas vu et dans ce moment là mon âme d’enfant est exacerbée. Aujourd’hui la fatigue a pris le dessus, pendant quelques jours l’évanouissement n’était pas loin (oui je sais « faut dormir la nuit ! » mais c’est ce que j’ai fait figurez vous). Le soucis c’est que la fatigue physique est parfois secondée d’une fatigue morale. Je me mets à douter comme une malade, à me demander si certaines choses valent vraiment le coup que je m’y implique, à vouloir tout quitter sur un coup de tête pour revenir la seconde d’après. Je crois que passer trop de temps loin de mes attaches me rend folle. Je contient ma rage, je contient mes pleurs. Je ne supporte tout simplement plus de devoir faire en fonction des autres, de tendre l’oreille en quête d’un bruit, de me rhabiller totalement pour aller aux toilettes de peur de tomber devant le colocataire insomniaque avachi devant des niaiseries à la télé, de rentrer à l’appartement en n’espérant être enfin seule à seul et tomber sur le colocataire et sa copine sur le canapé du salon, la télé allumée et pas prêt de se bouger puisqu’ils font partie des gens « on fait tout à l’appart ». Tout cela m’épuise et me gâche mon plaisir. Pourtant j’ai l’homme le plus adorable du monde et il fait tout pour me calmer et me procurer le moindre confort pour que je me sente mieux. Mais mes deux voix se bagarrent de plus belle, l’une voulant exploser et claquer la porte et l’autre voulant se pelotonner au creux d’un recoin doux et rassurant et se détendre. Oui je deviens forcément cinglée entre les incertitudes du boulot et mon incapacité flagrante à vouloir m’intégrer à la petite vie de la colocation. Je ne supporte plus cet appart, je n’en supporte plus le quasi délabrement, le ménage à moitié fait, le bruit sur la place, les grandes discussions inutiles qui terminent fatalement en engueulades et en « c’est moi qui parle plus fort, c’est moi qui ais raison » entre les résidents officiels. J’ai juste envie de me poser dans un coin de ne plus en bouger et surtout qu’on me laisse tranquille avec ces histoires. C’est vrai quoi je ne demande rien de compliqué : qu’au boulot cette satanée administration soit enfin claire et que je signe mon contrat, qu’on me laisse tranquille quand j’en ais vraiment besoin et qu’on se fixe des objectifs pour fuir de cet appart et enfin m’apaiser en me disant que je suis chez moi et que la porte ne va pas s’ouvrir à la volée sur un acariâtre aigri. Je dois en demander trop faut croire… mais il est clair qu’a ce rythme là je ne donne pas cher de ma peau.

Par Satine - Publié dans : Truth
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Lundi 18 juillet 2005 1 18 /07 /Juil /2005 00:00

C’était top secret et j’ai gardé l’info jusqu’à la fin (enfin sauf pour quelques personnes). Le mercredi 6 juillet j’ai commencé à travailler en tant qu’agent d’accueil dans un musée. Oui je sais ça vous la coupe, j’ai un job. Un boulot qui ne restera cependant que temporaire, juste histoire de mettre quelques sous de côté en attendant mieux. Mon bilan après deux semaines est que l’inactivité est sans doute le pire calvaire pour le cerveau qui va se mettre à réfléchir sans cesse jusqu’à la folie. Je surveille une salle du musée en me plongeant dans un bouquin quand il n’y a pas de visiteurs puis me levant presque au garde à vous quand l’un d’eux vient à s’égarer sur mon territoire. Le silence, la chaleur, la turbine incessante de ma tête sont présents pendant les quelques 6h30 que je passe assise mollement, à regarder les objets d’une exposition qui ne m’intéresse pas (et dont je n’ais aucune explications), rattrapée parfois par le sommeil. Les gens vous lancent des « ça doit pas être trop crevant comme boulot !». Non, c’est vrai, il suffit de faire le benêt silencieux en attendant la fermeture tout en restant polie avec des personnes qui parfois vous jaugent d’un regard méprisant sans répondre au bonjour que vous lancez en signe de bienvenue. Non c’est vrai ce n’est pas bien difficile comme boulot, physiquement (même si mes genoux flageolent à rester debout 1h après tant d’inactivité en attendant que ce gars veuillent bien me laisser me rasseoir et que la nuit dernière mes jambes se sont rebellées en me donnant quelques furieux spasmes incontrôlables tant elles étaient aigries). Ce n’est pas tant le physique que le psychique qui trinque. C’est un travail qui peut facilement vous bouffer ce qui reste de votre esprit alerte et qui vous pousse à douter de votre valeur (alors c’est ça qu’on fait avec un Bac+ 4 ?). Quant à la semaine décalée (le musée est ouvert du mercredi au dimanche) elle peut vous rendre encore plus asociale si vous n’y prenez pas garde. Il faut s’obliger à sortir, même si l’on bossera le lendemain pendant que les autres cuveront tranquillement sous la couette. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’avantages, on évite la cohue des courses du week-end, on a pas de grandes responsabilités, on a le temps de lire toute la série des Harry Potter à la suite, on s’amuse avec des collègues blagueurs qui font que vous avez presque hâte de revenir le lendemain ou tout du moins vous n’avez pas l’angoisse des mauvais jours et de la mésentente. C’est un boulot somme toute assez simple qui, assaisonné de quelques détails, peut être assez agréable… à petite dose. C’est là que vous vous rendez compte que finalement vous voulez un boulot où vous êtes en mouvement, où vous avez l’impression de servir à quelque chose, où l’on vous confie des missions chaque fois différentes… Certains sont là depuis 4 ans, je pensais tenir un an (en vue d’un titularisation au rang d’agent du patrimoine) pour partir ailleurs, j’ai réduit à 6 mois en me disant que je  toucherai le chômage pour chercher autre chose. On ne m’en laissera même pas l’opportunité. Sans m’en rendre compte (enfin je m’en doutais quand même depuis un moment) je me suis fait menée en bateau et le poste que je pensais de longue durée se résume en fait à un job d’été (mais ça bien sûr on s’est gardé de me le dire), résultat dans deux mois il va falloir recommencer les courriers et les prospections. La titularisation n’aurait de toute façon jamais eu lieu puisque la mairie de Lyon a décidé de ne plus en donner sans concours afin de recruter plus de vacataires qui servent de remplaçant facilement jetables sans indemnités. Il  m’arrive de me dire que c’est dommage, que ça contrecarre pas mal mes plans, mais qu’au final je n’aurais sans doute pas tenu plus que ces deux mois (voir 3, faut voir, mais c’est pas sûr hein parce que ouh là c’est compliqué !) étant donné l’état psychologique dans lequel je suis déjà après deux semaines. Les conditions de travail sont plutôt agréables et la cour renaissance m’arrache un petit sourire à chaque fois que j’y entre mais quand les collègues racontent quelques histoires à propos de ceux qui nous « gouvernent » il y a de quoi fuir : personnel incompétent (je le savais déjà), espionnage à l’aide de visites surprises et autre coup de téléphone « anonymes » (j’en ais déjà été témoin), future pose de caméras et recrutement d’un agent de maîtrise non pas pour la sécurité des objets mais pour la surveillance des surveillants (oui, c’est assez cocasse non ? surveillez des surveillants…), engueulades sans queue ni tête et j’en passe… Vous me direz c’est partout pareil mais quand même. Pour l’instant je profite de ce que j’ai et on verra plus tard, mieux vaut en rire non ? En attendant je n’ais toujours pas signé mon contrat, je ne sais pas exactement quand ma mission se termine (c’est le coup du « je vous garde sous le coude en étant pas précis comme ça vous cherchez pas ailleurs »), je vais devoir payer mes tickets restaurant parce que ce n’est pas retiré de mon salaire à la fin du mois et ça n’arrange pas vraiment mes finances actuelles, le collègue embauché le 15 juin n’a pas son contrat non plus, sais pourtant qu’il reste plus longtemps que moi et n’a toujours pas été payé de son mois de juin. Enfin…tant que l’ambiance est bonne ça me va et c’est le cas. Par contre me dire qu’en septembre il va falloir que je demande le RMI, ça me déprime.

Par Satine - Publié dans : Truth
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Lundi 11 juillet 2005 1 11 /07 /Juil /2005 00:00

Bon, alors comme certaines ne trouvent rien de mieux à faire qu'à balancer des questionnaires aux copines en rentrant d'un périple "zyvalamerctop" (je ne cite personne mais tout le monde aura reconnu Steph) me voilà à répondre une nouvelle fois à des questions d'ordre privées (oui bon…). Attention âmes sensibles abstenez vous.

1 - Combien de films en salle et/ou en DVD voyez vous par an ? 

J'adore le ciné et à une époque j'y allais presque toute les semaines. Aujourd'hui ça se résume à un film ici ou là. En 6 mois j'ai du voir… 6 films et encore… En DVD c'est encore pire, je n'achète que les films qui m'ont marqué au cinéma c'est-à-dire très peu, ma collection est donc plus que limitée niveau film. Par contre rayon concerts et "Friends" j'ai de quoi faire, ce sont des choses dont on ne se lasse pas.


2 - Quel est le dernier film que vous ayez vu au cinéma? Et/ou vu en DVD ?

Batman Begins au ciné (très moyen, je préfère largement les premiers réalisés par Burton, en plus Katie Holmes euh… sic) et en DVD ben…Moulin Rouge! Parce que la personne qui partage ma tite vie ne l'avait pas vu.

3 - Quel est le film que vous auriez envie de voir? ou de revoir ?

Ceux que j'aimerai voir: Virgin suicide (jvais tenter d'acheter le DVD tiens), Charlie et la chocolaterie (oui je copie Steph ET ALORS?!), Ma sorcière bien aimée avec Nicole Kidman (ça doit être limite nunuche voir carrément mais j'adore cette actrice). Ceux que j'aimerai revoir (et que je revois régulièrement d'ailleurs): Moulin Rouge!, Le mariage de mon meilleur ami et diverses autres dont là tout de suite je n'ais plus le nom.

4 - Lorsque vous regardez un film, comment vous comportez vous? (seul ou en bande, nourriture, boisson, position et autres manies diverses...) 

Au ciné je regarde l'écran (c'est un minimum) et je ne bouge pratiquement pas, je suis toujours au fond de la salle (parce que j'ai vite mal aux yeux plus près), je ne parle presque pas non plus sauf si je suis avec une super copine à qui je peux balancer les pires blagues. A la maison je suis écroulée sur le canapé, je parle tout le temps et je mange si je veux (parce que je suis chez moi d'abeur alors hein).


5 - Citez les cinq films (ou les dix ou les deux cent) qui vous ont le plus marquée. 

Bon alors y en a un qui revient systématiquement et je suis sûre que vous ne trouverez jamais duquel il s'agit… Moulin Rouge! (oui je le savais vous êtes nuls), Le mariage de mon meilleur ami (rien que pour le rôle de Rupert Everett) , Ocean's eleven (aaaah George… soupir), Sixième sens, Indiana Jones (les trois), et sûrement d'autres mais là tout de suite c'est tout ce qui me vient (oui ma culture ciné est à….chut)

6 - Passez le relais à trois personnes... 

Nan j'suis pas une balance moa! Je suis une briseuse de chaîne! Comme dirait Goldman "briseeeeeeeer leeeeees chaaaineuuuuh".

Je précise que ce questionnaire a été rempli sans l'aide d'aucune substances et le ventre vide (ça doit expliquer).

Par Satine - Publié dans : Truth
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Mardi 5 juillet 2005 2 05 /07 /Juil /2005 00:00

A mon dernier entretient d’embauche on m’a encore fait le coup du « donnez moi vos qualités et vos défauts ». Dans ces cas là je fais en général de la dissimulation d’information par peur que ça me coûte le job convoité. Je répond donc des trucs super optimistes du genre « mes défauts sont mes qualités et inversement » (enfin quelque chose dans le genre). Là j’ai quand même répondu que mon défaut était mon anxiété, ce besoin de sécurité constante (mais j’ai tout de suite viré de bord en disant que ce besoin ne faisait que renforcer l’attention que j’accorde aux gens). Je suis une anxieuse avec un grand A. Il faut dire aussi que ma mère est un cas en la matière même si avec l’âge elle laisse plus facilement couler les problèmes que je ne le ferai sans doute un jour (faut jamais dire jamais mais bon…). Ce mois de juin a mis mon anxiété à rude épreuve. L’attente d’un boulot, une mise en place difficile, une entrée en poste retardée par une administration en restructuration… Des petits détails qui n’ont fait que polluer ma cervelle au point de déteindre quelque peu sur d’autres aspects de ma vie. Je me suis soudainement mise à m’inquiéter pour tout et surtout pour rien. Au moment où il me semblait que j’obtenais tout ce que je désirais en un temps record j’ai aussi eu l’impression que tout pouvait m’être repris aussi vite. Tout ça à cause de cette attente pour le boulot, l’une des pierres d’un petit édifice que je commence prudemment à monter. Mon anxiété est un mélange d’insécurité, de nervosité et parfois de colère rentrée que je dissimule tant bien que mal. Mais parfois je ne peux m’empêcher de déverser mon fiel même sur des petites choses (Mariah au Live 8 a été la dernière victime). Il faut que cette colère sorte avant que je ne me transforme en cocotte minute qui finira fatalement par exploser et gare à la personne qui sera à ce moment à mes côtés. Cette perspective est une nouvelle peur qui s’ajoute à mon anxiété et ne fait qu’accroître le fait que je voudrais me terrer dans un coin et ne plus communiquer avec quiconque. D’habitude j’en ais quasiment la possibilité quand je suis seule à la maison mais actuellement c’est impossible. Je dois donc surmonter assez vainement mon état qui me lessive jusqu’à la crise de larme qui tombe, fatalement, toujours sur la même personne. Là encore une peur se rajoute à mon anxiété, celle de perdre cette personne, de la lasser de cette comédie que je ne contrôle pas et qui n’est que turbines en action inutile. J’ai parfois l’impression de tellement mal m’y prendre, de ne pas être vraiment à ma place, d’être d’une intolérable maladresse… Je suis dans une phase où je me déteste vraiment, où je ressent encore plus ce sentiment d’être ma propre ennemie. J’en suis venue à me voir de l’extérieur, à me critiquer sur tout (mon physique, ma mentalité, mon incapacité dans certains domaines) jusqu’à me dire que je ne me prendrai même pas comme amie si j’étais quelqu’un d’extérieur. Ce malaise n’est parfois pas combattable et prend le dessus sur ma personnalité qui pourtant ne demande qu’à respirer enfin. Dans ma position j’enfile les peurs comme des perles et je les transporte partout où je vais sans pouvoir les laisser sur une table ou carrément les jeter aux oubliettes. J’ai pourtant quelqu’un qui m’aime et qui m’aide mais même lui je le malmène jusqu’à lui faire ressentir ma propre anxiété. Il a beau être réconfortant je sais qu’il possède ses propres peurs et que certaines me sont sans doute liées. Mais le rassurer me demande un effort qui devient dans certains cas surhumain, j’ai l’impression de sonner faux, de ne pas donner ce qu’on attend de moi. Quand je ne vais pas bien je parle souvent de moi et de ce à quoi je me rattache pour ne pas sombrer : des souvenirs heureux, des privilèges, des projets et j’obtient parfois le rejet de l’autre devant tant de vantardise. Ces derniers mois ont été riches, m’apprenant pas mal de choses que j’avais laissé de côté pendant tant de temps. J’étais encore une petite fille perdue dans un monde qu’elle ne comprend pas vraiment. Aujourd’hui j’ai l’impression de grandir d’un coup, trop vite et j’ai peur. Mon anxiété est un cercle vicieux sans queue ni tête qui me pourrie la vie sans que je puisse y faire grand chose. On m’a récemment dit que je choisissais la solution de facilité en la laissant me dominer. Peut être… mais ce n’est pas si simple.

Par Satine - Publié dans : Truth
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