Mardi 17 mai 2005 2 17 /05 /Mai /2005 00:00

Me voilà de retour à la maison. Un coup de téléphone pour prévenir, au bout du fil la voix de ma mère presque détendue et agréable. Est ce que ce week-end passé chacun de notre côté nous aura fait du bien ? Je l’espère mais la journée n’est pas finie. Je suis rentrée un peu tristement, affaiblie de sentiments mêlés mais calme et sereine parce que je reçois beaucoup. Cela m’a fait du bien d’être ailleurs, de ne pas avoir à cacher les choses. Un dernier baiser et quelques mots rassurants m’ont portés jusqu’à l’antre familiale. Oui on se reverra bientôt, j’espère très bientôt et on passera encore plusieurs jours ensemble. J’ai envie de donner tort à cet horoscope pourri lu dans Glamour. Je n’ais même plus envie d’en lire. J’ai confiance en Toi, en Nous, c’est tout. Les choses se passeront telles qu’elles le devront. Merci d’être là, merci de me prendre telle que je suis (même si certaines choses devront changer). Ta main dans la mienne c’est ma ceinture de sécurité contre les heurts que je me crée, contre ces petits démons qui me rongent parfois. « Sometimes you can’t make it on you own » chante Bono. Ces démons je les combattrai un à un mais je ne suis plus seule. Le papillon déploie ses ailes progressivement, encore peureux face au monde, doutant de sa beauté, de son utilité. Les choses changent, moi aussi mais je doute de ma force de caractère dans certains cas… Je me vide au fur et à mesure d’un trop plein de poids que je me suis imposée durant tout ce temps. Mes larmes sont liée à la souffrance de devoir m’ouvrir mais aussi à ce besoin de le faire. Prendre des décisions, aller de l’avant en déculpabilisant, avouer mes peurs, mes frustrations, mes joies, mes peines je n’en ais jamais eu tellement l’habitude, ce sera douloureux mais nécessaire. J’espère que tu sera là malgré le temps qu’il me faudra.

Fin de journée. Toute la petite famille est réunie sous le même toit. Chacun demande des nouvelles de l’autre, l’ambiance est agréable mais j’attend une réponse. Est ce que j’aurai droit à ce nouveau week-end ailleurs ? Et voici leur technique qui revient au galop. On me demande si je pars ou pas, je répond que j’en ais envie et là c’est le coup de massue culpabilisant : « et ton concours tu le bosses quand ?! » avec ce ton dans la voix mi agressif, mi dépité, comme si je les décevais. J’entend des soupirs las, et puis ce silence lourd suivi de ces recommandations toujours destinées à me prouver que c’est pour mon bien. « Ce serait une bonne opportunité pour toi, la laisse pas passer bêtement parce que là tu vois bien que tu peux accéder qu’à des jobs médiocres ». En une phrase tous mes espoirs s’envolent. Je pensais qu’ils avaient compris mais non. Il me laisseront à la gare mardi et mercredi direction Grenoble. Je passerai, et je raterai ce concours inéluctablement. Ce ne sera jamais que le troisième peut être qu’il finiront par voir que je ne suis pas faite pour ça. Ma mère a ce talent de dire d’un ton condescendant, presque chantant un reproche. Elle peut parler de choses anodines pour ensuite envoyer le reproche par surprise. C’est ainsi que j’ai appris que les résultats de mon précédent concours étaient parus et que bien sûr je ne faisais pas partie des admissibles. Dieu que ce son regard fait mal, dieu qu’il est noir, dieu qu’il m’informe que la fête va bientôt se terminer. Je dois trouver la porte de sortie, vite.

Par Satine - Publié dans : Truth
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Lundi 16 mai 2005 1 16 /05 /Mai /2005 00:00

J'entre dans une phase de transition…  Celle où vous devez concilier à la fois votre vie privée et votre vie tout court. Actuellement je jongle un peu entre ma vie à la maison et celle qui m'attend dehors. Je me suis toujours sentie plus ou moins coupable dès que je faisais quelque chose. Je me pose toujours la question à savoir si mes parents approuveraient ou non. Aujourd'hui j'ai une vie en plus, en parallèle, avec quelqu'un avec qui j'ai envie de passer du temps. Mais dès que je le rejoins je me demande ce que pense mes parents, si ça les gène… Je demande presque toujours une validation.  Il faut rajouter à la situation l'approche du concours (que j'ai bossé un strict minimum c'est-à-dire pas assez pour l'avoir) qui renforce ma culpabilité de passer du temps ailleurs au lieu de réviser. Je vais vraisemblablement passer ce fichu concours à Grenoble. Quand j'ai reçu ma convocation je voyais déjà une bonne excuse pour ne pas y aller, sachant que mes parents seraient aussi embêtés que moi pour que j'y aille. J'ai osé dire (enfin!) que je ne voulais pas y aller mais je crois que mes parents sont sourds à certaines de mes revendications. Je vais devoir y aller en train. Avec un peu de chance il aura du retard et j'arriverai après l'ouverture des enveloppes! Ou alors j'irai flâner. J'ai vraiment envie d'envoyer en l'air leurs revendications. Il faudrait enfin que j'arrive à vraiment décider de ma vie sans avoir à demander d'autorisation. Mais le fait est que vivant encore chez eux il est difficile de vraiment se rebeller. Une fois mon indépendance acquise ce sera autre chose…  Mais tant que je ne me serai pas un minimum éloignée il va falloir gérer mon besoin d'évacuer les choses avec celui d'obéir à certaines règles. Je suis piégée. Le pire c'est que j'ai l'impression de m'être piégée seule. Un moment de faiblesse et voilà qu'ils en profitent pour me mettre des idées, qui ne me conviennent finalement pas, en tête. En ce moment j'ai l'impression de décrocher de plus en plus du monde qui m'entoure, surtout quand on me parle de mon avenir. J'aime ces moments calmes où je ne réfléchis pas car ils sont tellement rares. Je viens de prendre quelques jours en dehors du contexte familial, 4 jours à n'être qu'avec la personne qui me manque dès que je retrouve le bercail. Je dois bien avouer que maintenant à chaque fois que je rentre à la maison j'ai l'impression que les choses ont changé, je me refuse à faire ce que je faisais il y a encore quelques temps. Je m'éloigne au fur et à mesure. Est-ce que mes parents ressentent cette distance qui s'installe? Depuis 24ans j'ai toujours été là, les suivant presque à la trace. Je n'ais jamais eu beaucoup d'amis, je ne suis jamais beaucoup sortie étant donné que j'ai un côté très casanier. Ils ont tellement l'habitude que je sois là… Ils ont beau dire que je suis "grande et que je fais ce que je veux" j'ai toujours l'impression qu'une riposte suivra.  C'est triste à dire mais j'ai une certaine peur de mes parents. Déjà j'ai la peur de les décevoir, de voir dans leur regard un double de moi dénaturé. Et puis j'ai encore la peur de la punition. Pourtant même étant petite je n'ais jamais beaucoup été punie. Mais la punition se trouve dans les non dits, dans ce qu'ils pensent ou pire: dans ce que je crois qu'ils pensent. Finalement on en revient toujours au même: je psychote, ça turbine, ça me turlupine et ça m'angoisse au point de me dévaloriser moi-même jusqu'à l'envie de rester prostrée dans un coin, me faire invisible pour ne plus déranger tous ces gens qui attendent trop de moi alors que je n'ais même pas le sentiment d'avoir les capacités qu'ils me trouvent. Ca commence à devenir de plus en plus problématique parce que je n'arrive pas à savourer le moment présent, je vais toujours réfléchir à ce qui pourrait arriver après.  Pour exemple je me demande comment sera l'ambiance à la maison quand je reviendrai de ces 4 jours. Est-ce que j'aurai des reproches? Ce concours cristallise pas mal de mes angoisses, il est la source. Le moindre temps libre que je m'accorde me culpabilise. Je me dis toujours que mes parents utiliseront cet argument pour faire passer d'autres reproches qu'ils planquent. En bref je ne me sens presque plus en sécurité chez moi attendant toujours le moment fatidique où ils avoueront tout ce qu'ils pensent. Je deviens quasiment parano. Il y a encore quelques temps je me serai empêchée de faire certaines choses pour justement qu'ils n'aient pas d'armes. Les choses changent au fur et à mesure, il va falloir qu'ils l'acceptent et moi aussi. Il va me falloir être peut être plus brutale dans certains cas. Refuser, dénoncer et vivre. Ca commence à bien faire d'être sage.  

Par Satine - Publié dans : Truth
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Vendredi 13 mai 2005 5 13 /05 /Mai /2005 00:00
Tadaaaaaa! Oyé oyé amis blogger (et non blogger, je vais être sympa) voici venu le temps du nouveau blog (oué les rires et les chats vous irez chercher ça ailleurs). J'espère que ça vous plait. Après un premier essai bancal (sic, je vais me faire taper sur les doigts à dire ça) voici un design qui je le crois correspond bien à l'esprit de ce blog mais aussi à moi-même (on en revient toujours à ma petite personne). Sachez cependant que je n'ais été que la directrice des travaux (demandant des rectifications parfois au millimètre) je remercie donc celui qui m'a supporté (dans tous les sens du terme) durant l'élaboration (il se reconnaîtra et vous le reconnaîtrez). Je remercie également Lulu pour m'avoir inspiré et gracieusement fourni les éléments fondateurs, merci pour l'idée et pour la visiteJ. Voilà! J'attends vos commentaires et suggestions s'il y en a (de toute façon jm'en fous je serai pas obligée de les suivre :D)
Par Satine - Publié dans : Truth
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Jeudi 12 mai 2005 4 12 /05 /Mai /2005 00:00

Va falloir m’expliquer un truc : pourquoi est ce que les gens savent toujours ce qui est bon pour moi alors que moi je n’en ais pas la moindre idée la plupart du temps ? C’est vrai quoi pourquoi on m’a filé un cerveau, une conscience, une liberté de penser, d’agir, un libre arbitre si au final je ne l’utilise pas ou mal ? Je crois que je vais tenter la lobotomie, au moins un zombie ne réfléchis pas aussi longtemps et bêtement que moi ! Je ferai ce qu’on me dit et tout le monde sera content. Moi qui ais toujours eu un problème avec l’autorité au moins là ce sera réglé ! Notez que nous sommes jeudi et que je suis en pleine crise de « allez tous vous faire…ce que vous voulez ». Nan parce que là sérieusement j’en ais marre de m’entendre dire de faire telle chose ou telle chose. C’est un conseil ou un ordre ? Je crois que je suis la plus à même de dire ce qui me convient non ? Apparemment pas aux yeux de certains. Bon faut dire que je leur facilite le travail avec ma docilité navrante dans certains domaines. Je le répète une énième fois : je ne sais peut être pas ce que je veux mais je sais ce que je ne veux pas. Il y a des endroits où je me sens plus à l’aise que d’autres alors pourquoi postuler pour la gueule du loup ? Je ne suis pas fière de moi. Je ne suis pas fière de mes diplômes. Tout simplement parce que je ne les ais pas fait par plaisir mais pour faire plaisir, que je les ais obtenu sur le fil, parce qu’il le fallait mais je ne comptais pas fournir le moindre effort de plus pour un truc auquel je ne croyais pas. J’ai l’impression d’être cataloguée dans un registre qui n’est pas le mien ou plus le mien je ne sais plus. Je crois surtout qu’on a réussi à me dégoûter de mes premières aspirations, tellement qu’aujourd’hui je préfère les fuir. Mais il y en a toujours un ou deux pour me tirer par la manche et me placer devant le fait accomplit. Mon destin serait il l’opposé de ce que je veux ? Est ce que je dois croire toutes ces voix qui commencent sincèrement à m’empoisonner la vie ? Depuis pas mal de temps je vais à l’encontre de tout ce que je voudrais faire. Disons plutôt que je ne fais que des choses dont je sais qu’elles ne sont pas faites pour moi tant mon crâne me répète et me martèle que je vais dans la mauvaise direction simplement par dépit ou besoin de faire plaisir aux autres. Il serait peut être temps que je pense à moi. J’ai bien envie d’envoyer promener tout ce petit monde. Il me connaissent mieux que moi c’est incroyable ! Vous me direz c’est pas bien difficile vu que je me connais à peine malgré presque 25ans de vie commune avec moi même. Encore un mariage raté, à quand le divorce…

Par Satine - Publié dans : Truth
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Jeudi 12 mai 2005 4 12 /05 /Mai /2005 00:00
Cette fois je crois que c’est bon, la lassitude m’a eue. J’ai un ras le bol de pleins de choses et pourtant mon corps refuse le moindre effort alors que ma tête a encore parfois des sursauts de dynamisme voir d’optimisme, chose rare chez moi. Nan mais sérieusement faut le dire si tu ne me veux pas Monde du Travail parce que je vais vraiment finir par croire que tu as une dent contre moi. Je sais que je manque d’ambition, je recherche un boulot tranquille et facile avec des horaires fixes et un salaire qui puisse au moins me permettre de partir de chez moi sans trop de galères. Comment ça de nos jours ça n’existent plus ? Comment ça j’habite trop loin donc pas la peine de chercher même des petits boulots bebête. Ca fait deux fois presque coup sur coup que je trouve un boulot qui ne me demande pas trop d’effort intellectuel (oui j’aimerai bien reposer mon cerveau il sature depuis des années) et qui commence deux à 6h en centre ville ce qui suppose un levé à au moins 5h voir 4h30 (j’entend encore les parents râler à cette idée) avec des journées de presque 10h et travail 6 jour sur 7. T’es bien gentil Monde du Travail mais j’aimerai bien ne pas sacrifier ma vie privée pour gagner ma liberté même si elle me paraît de plus en plus précieuse. Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver. Un boulot, à la limite de bureau, du lundi au vendredi ça me va bien tu sais… Comment ça pas d’expérience ? Comment ça pas le bon diplôme ? Comment ça trop diplômée ? Je crois que tu commence sérieusement à te moquer de moi là… Tu veux me faire finir où ? Dans une sandwitcherie affublée d’un costume ridicule à sourire hypocritement à des clients affamés et peu aimables en pleine crise d’hypoglycémie ? Là encore je suis désolée mais je refuse tout net. C’est peut être plus par fierté qu’autre chose mais je ne vais pas sacrifier ma dignité non plus. [Cela dit je ne critique pas ceux qui bossent là dedans. C’est juste que je me vois mal faire ce genre de chose.] Mince mon Bac +4 va vachement me servir tiens… C’est joli sur le CV mais le soucis c’est que ce n’est jamais le bon où qu’alors c’est un niveau qui suppose un certain salaire que certaines entreprises refusent de donner. Du coup même un boulot pour Bac +2 ou 3 et bien je n’y ais pas accès. Je remercie qui pour ça ? Mes parents de m’avoir poussés dans la voie ou moi d’avoir fait le mouton sans voir que j’allais dans le mur ? La seule issue : les concours. Je crois que les parents ont gagné, je suis fichue. Je vais continuer par faire ce que je fais depuis des années : baisser la tête, acquiescer, retenir ce que j’ai envie de dire puisque de toute façon la réplique sera toujours la plus forte, et y aller. Docile, idiote peut être. J’aime assez mon confort, malgré ce qu’il induit parfois, pour ne pas prendre une valise et partir tenter ma chance ailleurs en stop. Ce n’est pas une pression étouffante, elle se fait par à coups, souvent sans beaucoup de mots mais quand ils sont dits je sais que mon heure est proche. Pourtant le cycle recommence indéfiniment depuis des années et ça se termine toujours par ma capitulation sans condition. Je crois que c’est de la lâcheté, de la peur de perdre des privilèges. Pourtant à l’heure qu’il est je sais qu’ils ne vont pas tarder à se faire la malle ces privilèges sous le jonc d’un énième coup de pied au cul. On m’accuse de ne pas faire d’efforts. Je le reconnais en partie mais ce n’est pas parce que mes efforts ne sont pas visibles que je n’en fais pas. Est ce qu’il faut que je poste les CV, passe les coups de téléphone, brasse les annonces devant eux pour qu’ils se persuadent que je ne reste pas statique ? On me reproche de rester enfermée. Excusez moi mais ce n’est pas vous qui voulez que je passe des concours ? Comment je dois réviser ? Entre deux bus ? Le fait est que j’ai l’impression que ni vous ni moi ne savons ce que nous voulons. Je suis lasse de ces petites querelles intestines qui finissent par me faire sentir rabaissée alors que vous dîtes vouloir le mieux pour moi. On dirait que vous avez tracé la ligne de ma carrière depuis des années. C’est justement ce principe que je rejette et j’ai beau en parler, parfois violemment ça revient toujours sur le tapis, avec les même arguments. Si je savais où aller, comment y parvenir tout se passerai mieux et selon mes règles mais votre avantage c’est justement mon incertitude, mon incapacité à visualiser l’avenir. Il faudrait vraiment que ça change. Il faudrait que j’arrive à faire sortir ce qu’il y a au fond de moi pour qu’enfin vous compreniez. Mais je sais ce que ça m’apporterai et j’ai encore plus peur de cette issue que celle que j’accepte à contre cœur. L’oiseau choisi la cage sécurisée à la liberté aux mille dangers.
Par Satine - Publié dans : Truth
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